L'éditeur

Définition

                L’éditeur travaille au sein d’une maison d’édition, c’est-à-dire d’une entreprise dont l’activité principale est la production et la commercialisation de livres. Son travail consiste à rechercher des ouvrages à publier, et aussi à choisir, parmi les ouvrages qui lui sont proposé par des auteurs, ceux qui, selon lui, méritent d’être édités et correspondent aux attentes des lecteurs. L’éditeur assure également le suivi de la fabrication de ces ouvrages, et il s’occupe enfin de leur commercialisation. 

 

L'histoire de l'édition

                Le mot éditeur, copié sur le latin editor (« celui qui produit », et aussi « l’auteur » ou le « fondateur »), apparaît dans la langue française au XVIIIe siècle et désigne la « personne qui assure la mise en vente et la publication d’ouvrages imprimés ». Cependant, le métier d’éditeur existait bin avant le XVIIIe siècle, même si on ne l’appelait pas encore comme cela. En fait, les fonctions aujourd’hui réservées à l’éditeur étaient autrefois exercées par l’imprimeur ou par le libraire.

L editeur                Ainsi, l’un des premiers imprimeurs, le Vénitien Aldo Manuzio (1449-1515), ne se contente pas de « fabriquer » des livres. Esprit curieux de tout, et très cultivé (il parle le latin et le grec), il s’attache à publier les œuvres des grands auteurs de l’antiquité grecque et romaine, pour les faire découvrir au public de son temps. Il établit l’édition critique des œuvres : autrement dit, il cherche à corriger les erreurs commises par les scribes et les copistes qui, siècle après siècle, ont recopié à la main ces textes. Et déjà, comme les éditeurs modernes, il sélectionne les ouvrages qu’il souhaite publier.

                Comme Aldo Manuzio, les grands imprimeurs du XVIe siècle sont des érudits, des gens savants qui cumulent toutes les fonctions de ce qu’on appelle aujourd’hui les « métiers du livre » : à la fois éditeur et imprimeurs, la plupart sont également marchands libraires (on leur donne alors le nom d’imprimeurs-libraires), et aussi parfois traducteurs (ils traduisaient en français le grec et le latin), ou même auteurs.

                Mais, dès le XVIe siècle, les livres sont soumis à un contrôle strict, dans presque tous les pays d’Europe : pour qu’un texte puisse être imprimé et diffusé, il faut que son contenu ait été lu et approuvé par les autorités religieuses, et qu’il bénéficie d’un imprimatur, d’une autorisation officielle d’impression. Le pouvoir politique n’est pas en reste : les souverains européens édictent des lois qui leur permettent de faire interdire la publication des ouvrages qui ne leur plaisent pas. La Hollande échappe à ce système, et devient une terre d’asile pour les écrivains et les imprimeurs-libraires qui veulent se soustraire à la censure.

                Cette censure pèse encore, au XVIIIe siècle, sur ceux qu’on appelle désormais les libraires, ou les libraire-éditeur, nom qui désignent alors les personnes qui éditent des livres, les font imprimer et les vendent. Des voix s’élèvent pour réclamer la liberté de penser, écrire et imprimer, comme celle du philosophe et écrivain Denis Diderot, lui-même victime de la censure (en 1749, ses écrits le conduisent en prison), et dont les œuvres sont éditées par des libraires clandestins. La Révolution française de 1789 abolit la censure en accordant à tout citoyen « le droit de parler, écrire, imprimer librement ».

                C’est à partir de la fin du XVIIIe siècle que, peu à peu, le métier d’éditeur devient indépendant et distinct de celui de libraire, que s’effectue la séparation entre la production et la vente de livres. Dorénavant, chaque étape de la réalisation d’un livre correspond à un métier spécifique : l’éditeur sélectionne les textes qu’il juge dignes d’être publiés, il les prépare en vue de leur publication, et il en assure la diffusion ; l’imprimeur fabrique les livres selon les indications de l’éditeur ; et, dernier maillon de la chaine, le libraire est le commerçant qui vend les ouvrages imprimés.

                A partir du XIXe siècle, le nom d’éditeur désigne aussi la personne qui fait paraître, sous sa responsabilité, un journal, ou un magazine. A cette époque, le monde de l’édition est en effervescence.

                Au fils du temps, de grandes personnalités mettent toute leur énergie dans la création de maisons d’éditions, au nom prestigieux : Hachette (1826), Larousse (1852), Flammarion (1878), Nathan (1881) … Pour se distinguer et augmenter les ventes, les éditeurs imaginent de nouvelles stratégies commerciales : ils utilisent la publicité, adoptent des couvertures standardisées et immédiatement identifiables par l’acheteur, diffusent leurs parutions grâce à des réseaux de libraires…

                Pour répondre aux attentes des lecteurs ou susciter leur intérêt, les éditeurs créent des collections, ensemble d’ouvrages traitant d’un même sujet, ou abordant différents aspects d’un même thème, gérés par un directeur de collection. Certaines maisons d’édition se spécialisent dans un secteur : au XIXe siècle, Pierre Jules Hetzel s’impose comme l’un des éditeurs les plus actifs dans le domaine, nouveau, de la littérature de jeunesse ; Pierre Larousse, lui, s’oriente vers l’édition de dictionnaires. Au XXe siècle, on assiste à la création de maison d’édition qui se consacrent entièrement au roman policier, ou à la bande dessinée, ou bien encore à la publication de manuels scolaire…

                Aujourd’hui, on édite chaque année, en France, près de 50 000 nouveaux titres environ. A côté de quelques « géants », comme Hachette ou Flammarion, il existe de nombreuses maisons d’édition de taille beaucoup plus modeste, et l’on voit actuellement se développer le secteur de la « petite édition », c’est-à-dire des petites entreprises d’édition.

La chaîne du livre

1ère étape : un auteur écrit une œuvre

                -L’auteur rédige un texte (roman, guide, pratique, documentaire…). Cette œuvre, qui n’est pas encore publié, est appelée manuscrit (littéralement : texte « écrit à la mains », et, plus généralement, « texte original »). Parfois, ce manuscrit est une commande : l’auteur a été contacté par un éditeur qui lui a demandé d’écrire un livre sur tel ou tel sujet.

2ème étape : le manuscrit est confié à l’éditeur

                -L’auteur envois son manuscrit à un éditeur, qui le lit. Dans les grandes maisons édition, les manuscrits reçus, très nombreux, sont généralement confiés à des lecteurs professionnels qui sélectionnent les ouvrages méritant, à leur avis, d’être publiés. L’éditeur doit faire preuve de flair : il doit détecter les ouvrages qui plairont aux lecteurs, et qui se vendront bien. Car en « pariant » sur le succès d’un livre et d’un auteur, il fait prendre des risques financiers à son entreprise.

                -Si l’éditeur décide de publier un manuscrit, il contacte l’auteur et lui propose un contrat. L’éditeur peut éventuellement demander à l’auteur d’effectuer quelques petites modifications dans son texte, voire d’en écrire entièrement certains passages. Ces modifications s’effectuent après discussion entre l’auteur et l’éditeur, lequel doit donc avoir le goût des relations humaines.

                -Le manuscrit définitif est scrupuleusement relu par un correcteur professionnel, qui traque les incohérences et les fautes d’orthographes, de grammaire, de français et de typographie. Le manuscrit est ensuite confié à un maquettiste, qui met en place chaque élément dans la maquette (texte, images, notes de bas de pages, pagination…), selon un gabarit, c’est-à-dire selon la norme adoptée par l’éditeur pour tous les ouvrages d’une même collection.

                -En accord avec l’auteur, l’éditeur relit à nouveau la version finale du livre (les épreuves) et élabore un projet de couverture, avec l’assistance d’un photographe ou d’un illustrateur, et d’un graphiste.

3ème étape : départ pour l’imprimerie

                -Lorsque l’éditeur considère que l’ouvrage est prêt à être imprimé, il envoie les épreuves à l’imprimerie, avec laquelle il a négocié les conditions et les délais d’impression, ainsi que la qualité du papier, ou encore le tirage (c’est-à-dire le nombre d’exemplaires devant être imprimés).

                -L’imprimeur renvoie à l’éditeur des traceurs (ou ozalids), un document qui permet d’effectuer les ultimes vérifications avant l’impression. Lorsque l’éditeur donne son accord, l’impression définitive est lancée.

4ème étape : la diffusion et la commercialisation

                -Parallèlement, l’éditeur a présenté ses futures parutions à son diffuseur, une société chargée de démarcher les librairies pour mettre en place les livres dans les rayons. Cette étape est primordiale, car elle assure la bonne visibilité d’un ouvrage : plus il sera diffusé, plus les ventes seront potentiellement élevées.

                -Pour assurer le succès d’un livre, l’éditeur doit également en faire la publicité. Ce travail est souvent confié à un attaché de presse, chargé des relations avec les journalistes. Mais l’éditeur peut aussi s’impliquer personnellement, en soutenant un auteur lors d’une interviews, par exemple.

Se former au métier d'Éditeur

            Aucune formation, aucun concours ne permettent d’accéder directement au métier d’éditeur. Cependant, certaines compétences sont indispensables, et, pour les acquérir, plusieurs années d’études supérieures sont conseillées : une formation commerciale et/ou juridique, doublée, par exemple, d’une formation aux métier du livre et de l’édition. De plus, le métier d’éditeur requiert une solide culture générale. Mais , en fait, c’est sur le terrain que l’on apprend vraiment ce métier : la meilleure façon de s’y préparer est d’effectuer des stages dans des maison d’édition. Ces stages peuvent déboucher sur un emploi, souvent un poste d’assistant d’édition. On peut ensuite espérer devenir directeur de collection, ou bien, après avoir acquis une solide expérience professionnelle , se lancer dans l’aventure de la création de sa propre maison d’édition…

            Pour toute information sur les métiers de l’édition, sur les emplois et les formations :

Syndicat national de l’édition

115 boulevard Saint Germain

75006 Paris

Tel : 01 44 41 40 50

www.sns.fr

       Le travail de l’éditeur est différent selon qu’il exerce son activité au sein d’une grosse entreprise ou d’une très petite structure. Dans le premier cas, il doit diriger et superviser une équipe importante de collaborateur, ce qui constitue une lourde responsabilité, mais il peut déléguer une grande partie de ses fonctions à ses assistants. Dans le second cas, l’éditeur s’occupe souvent lui-même du contact avec les auteurs et avec l’imprimeur, du suivi et du contrôle de la réalisation du livre, puis de la dernière étape qui consiste à en assurer la promotion… Mais, dans tous les cas, l’éditeur reste un chef d’entreprise : il doit être un bon gestionnaire. Il doit aussi, naturellement, avoir une parfaite connaissance des techniques de fabrication du livre, de tous les rouages du monde de l’édition et du marché du livre. 

Date de dernière mise à jour : 15/02/2023

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